Il y a 7 ans, une marée violette a recouvert la Suisse le 14 juin. Les photos présentées ici le rappellent.
A l’époque, des mouvements féministes impressionnants se développaient en Pologne, aux Etats-Unis, en Argentine et dans toute l’Amérique latine, en Italie remettant en cause l’idée que le féminisme était dépassé. La grève féministe du 8 mars 2018 dans l’Etat espagnol a pris un ampleur extraordinaire… au point que la reine a fini par déclarer se mettre elle aussi en grève ce jour-là !
Début 2018, le Congrès des femmes de l’USS demandait à l’USS de reprendre le combat pour l’égalité, avec des mesures pouvant aller jusqu’à une grève. A l’appel de féministes syndicalistes, 150 femmes décident de préparer concrètement cette grève. Une dynamique s’enclenche : des collectifs non-mixtes, avec adhésion individuelle, sont créés ; un appel à la grève féministe est massivement diffusé.
Un Manifeste de la grève féministe et des femmes est élaboré : il part des réalités de la vie des femmes pour avancer des revendications, évitant d’uniformiser le mouvement autour de quelques slogans réducteurs. La mobilisation des femmes s’appuie sur les arguments et revendications du Manifeste. Le mouvement s’élargit et s’étend en Suisse allemande et au Tessin.
L’immense succès de la grève féministe 2019 s’explique par le fait qu’elle s’est construite de manière capillaire, grâce à l’auto-organisation des femmes. Elle a réussi à maintenir sa radicalité contre d’immanquables pressions des milieux patronaux et de la droite lorsqu’ils ont réalisé que le mouvement était fort et déterminé.
La Grève féministe 20019 a construit un rapport de force en dehors de toute échéance de type initiative populaire, référendum ou échéance électorale, ce qui est très rare en Suisse. Toutes les femmes qui le voulaient et le pouvaient y ont trouvé leur place, quelles que soient leur nationalités ou leur statut légal.
Ce succès extraordinaire a montré qu’il a été possible de construire un mouvement de masse à partir de revendications radicales qui portent sur TOUS les aspects de la vie des femmes dans la société… même dans un pays où la paix sociale muselle habituellement l’expression des conflits.
Merci aux photographes de rendre compte, par leur travail, de cette journée inoubliable.
Geneviève de Rham, militante de la Grève Féministe Vaud
Maison du Peuple, 4 mars 2026